Vers une économie de la conception

Les nouveaux défis à venir (maîtrise de l’énergie, questions environnementales, densité, UX (expérience utilisateur), coûts de production …) ne pourront trouver de réponses dans les savoir-faire anciens : nous devrons inventer, explorer les caractéristiques des « inédits ».

Imaginons, découvrons, inventons mais… création, innovation, invention ne doivent pas être synonymes d’aventure, d’incertitude, de danger : testons, évaluons, structurons, donnons nous les moyens de connaître ces nouveautés, les apprivoiser, plutôt que de les craindre !

C’est cette connaissance à laquelle va nous permettre d’accéder la maquette numérique.

Ni « exploit architectural » Ni « Simple réponse aux contraintes » : être créatif sans être dangereux

Concernant l’économie du projet, une des clés est la répartition des coûts dans les différentes parties du projet : où met on l’argent ?

Dans l’économie de la construction, il s’agit de chiffrer un objet déjà connu, basé sur des plans. Il faut alors une définition suffisante du projet pour arriver à un résultat fiable. A défaut, cette estimation se fait plus ou moins par ratios permettant traditionnellement une approche économique “provisoire”. Cette estimation est d’autant plus fiable que l’objet projeté est “connu”.

Nous proposons une approche différente, adaptée à l’exploration des projets : « l’économie de la conception ». Il s’agit ici de maîtriser le coût d’une idée. Le projet est donc une hypothèse à découvrir dont le résultat influera directement sur l’objet lui-même. Dans ce cas, la maquette numérique nous permet de simuler l’objet construit, de lui donner de l’épaisseur, de la réalité, de la matière. C’est cette matérialité qui va nous permettre de mieux le connaître.

Paradoxalement ce n’est pas le « virtuel » que nous cherchons dans la maquette numérique : c’est le «concret », y compris pour les objets “connus”.

  • De quoi c’est fait ? Décomposer le projet en éléments fonctionnels identifiables et maîtrisables
  • Combien y en a-t-il ? Quantifier ces éléments à partir de la maquette numérique
  • En ai-je oublié ? Check-list exhaustive des éléments constitutifs
  • Puis-je en être sûr ? Visualisation et contrôle en instantané sur la maquette numérique
  • Vous en êtes sûr ? Base de connaissance communicable et partageable

Nous avons, pour cela, développé des applications spécifiques sur nos outils (Revit Architecture) et structuré nos maquettes 3D de manière à décomposer celle-ci en éléments fonctionnels dont les quantités sont connues dès l’esquisse. Cette méthode nous permet de vérifier, dès le début de la conception, la réalité économique des solutions envisagées, de les valider et les développer sans l’incertitude économique rencontrée habituellement.

BIM Process

EXPLOITATION DE LA MAQUETTE NUMÉRIQUE

  • Modélisation d’une « idée »
  • Structuration de la maquette en éléments fonctionnels significatifs
  • Repérage de ces éléments => Base de données du projet
  • Vérification de l’exhaustivité des éléments fonctionnels
  • Extraction de ces données quantitatives vers le formulaire « référence quantitatif »
  • Contrôle : Visualisation instantanée des éléments

DISPATCHING DES ÉLÉMENTS FONCTIONNELS

  • Affectations aux éléments signifiants et maîtrisables
  • Décompositions en sous-ensembles éventuels
  • Dispatching en quantités d’ouvrages
  • Interprétation économique suivant données spécifiques
  • Application des prix unitaires
  • Évaluation de chaque ensemble
  • Vérification de la cohérence des données
  • Établissement de la « feuille de route » faisant référence à chaque étape du projet

DISPATCHING LOTS CORPS D’ÉTATS

  • Décompositions en lots par corps d’état constitués
  • Dialogue avec les entreprises – leurs savoir-faire
  • Interaction et partenariat avec les acteurs de la construction

Synthèse

Un bâtiment est un objet complexe … comme en cuisine.

  • Réglementations
  • Obligations administratives
  • Arguments fonctionnels
  • Usage et expériences utilisateurs
  • Contraintes économiques
  • Nécessités techniques et performances
  • Présence d’un site et contexte
  • Nécessité de produire du sens

« Mélanger des torchons et des serviettes » … à la fin, tout cela veut encore dire quelque chose !

La synthèse n’est donc pas seulement une affaire technique. Elle permet d’assurer la cohérence des intentions depuis l’idée originale jusqu’à la livraison du bâtiment.

  • Compléter le déficit d’information des représentations en 2D
  • Maitriser les tracés et cheminements à l’intérieur des volumes
  • Contenir les encombrements des ouvrages
  • Anticiper et résoudre à l’avance les éventuels conflits
  • Affirmer la géométrie du bâtiment
  • Respecter les « traits » du projet tels qu’ils ont été définis par le concepteur et voulus par le Maitre d’Ouvrage.

  • Résoudre la majorité des problèmes rencontrés habituellement sur les chantiers, par la résolution anticipée, sur l’avatar du projet, des éventuels conflits techniques.