Le résumé du projet

Programme : Construction de la Maison du Conseil Général et d’un logement de fonction. Phase : Livré en 2013 Maître d’Ouvrage : Conseil Général de l’Isère Architectes : CR&ON Architectes

Bureaux d’Etudes : BETREC IG – Économiste + BET Structure + VRD / CET – BET Fluides / Ellypsio – BET HQE & Énergie Mission : Base + Exé Surface : 1 070m² SHON Montant des travaux : 2,2 M € HT

« Un bâtiment structurant et symbolique, devant représenter avec force le Conseil Général de l’Isère dans le territoire du Trièves, (…) un ensemble immobilier fonctionnel pour le personnel mais qui privilégie surtout l’accueil du public, (…) un bâtiment flexible et modulable permettant une évolution des locaux, (…) une exigence de haute qualité environnementale en particulier sur la performance énergétique ».

Un beau programme sur des thématiques et des objectifs complémentaires. Et de multiples arguments dont le projet fait la synthèse.

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À LA LOUPE

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Situation

Un projet à découvrir depuis la route départementale

La RD 66 qui borde la limite Nord du terrain, et en organise l’accès, détermine la vue principale sur le bâtiment : En sortant de Mens, la façade Nord, parallèle à la route, affirme, par sa dimension et son échelle, la présence du Conseil Général sur le territoire et en donne une représentation symbolique. En entrant dans Mens, le pignon Ouest en devient l’enseigne, à la fois repère et affiche.

Construire dans la pente

Le dénivelé prononcé du terrain vers le Nord désigne une implantation sur une direction Est Ouest, parallèle à la route. Cette position optimise les adaptations au sol, les accès et les cheminements.

Des orientations Sud et Nord pour optimiser les questions énergétiques

L’exposition Sud, parallèle aux courbes de niveau, idéale pour capter les apports solaires gratuits ou s’en protéger simplement. L’exposition Nord, parallèle à la route, propice à l’éclairage naturel. Deux qualités indispensables à la performance énergétique du bâtiment.

Trois arguments, conformes aux objectifs du programme, qui se conjuguent et que le projet valide et exploite : un bâtiment linéaire, le long de la route, qui construit la continuité du bourg ; une façade Nord pour éclairer naturellement les bureaux sans ensoleillement direct ;

une façade Sud pour s’ouvrir au soleil en hiver et s’en défendre simplement en été ; un pignon Ouest, un signal qui nomme l’établissement et renseigne le visiteur ; un pignon Est pour le logement de fonction, tourné vers le village et ses habitations.

Une typologie et une morphologie nouvelle pour le village de Mens, en phase avec la destination du bâtiment, sa situation, synthèse contemporaine des arguments du projet.

Principes formels

Etape 1 : Terrassement

Creusement de la pente et mise à niveau du sol du « niveau bas ».

Etape 2 : Implantation

Le volume du rez-de-chaussée, orienté nord-sud, constitue le soutènement entre le « niveau haut » et le « niveau bas ». Il libère un espace libre pour les stationnements à l’ouest.

Etape 3 : Creusement

Le volume du rez-de-chaussée est creusé pour définir et marquer l’espace d’entrée; les escaliers permettant de relier les parties haute et basse du site; le patio paysagé permet de s’ouvrir largement au sud. + Plus

Etape 4 : « Prendre corps »

Le mur de soutènement permettant de retenir le terrain se déploie pour habiller les façades et contenir les espaces habités. + Plus

Etape 5 : Superposition

Le volume de l’étage en structure légère couvre partiellement celui du rez-de-chaussée en abritant ses différents accès et laissant libre le patio. + Plus

Etape 6 : Protection

Le volume de l’étage est habillé par un « capotage » qui le protège du nord et lui donne une orientation dans le paysage : plein sud !

Etape 7 : Ouverture

De larges percements ouvrent la façade nord à la vue de la vallée et permettent d’éclairer l’ensemble des bureaux sur les deux niveaux. + Plus

Etape 8 : Recouvrement

Le volume du rez-de-chaussée ainsi que la toiture terrasse du niveau 1 sont recouverts d’un tapis végétal permettant au projet d’assurer une continuité avec la prairie.

Répartition des fonctions

En bas du site, au contact de la route départementale, l’accueil, la salle polyvalente et les services les plus fréquentés par le public. Ce niveau bas, encastré dans le terrain, est un socle lourd, un bloc dur revêtu de pierre, dont la solidité et la rusticité, peu propices aux tags et à l’affichage sauvage, s’accordent à la recherche de durabilité. Afin de diffuser la lumière naturelle et le soleil à tous les espaces, le socle est évidé sur sa limite Sud pour créer un patio, jardin de lumière sur lequel s’ouvrent le hall, la salle polyvalente et la salle du personnel.

Au niveau de la prairie Sud, posé sur le socle, un étage accueille les services recevant moins de public, les techniciens, les élus et le logement de fonction. Ses pignons débordent l’emprise du socle pour abriter l’entrée et le parvis et rendre le bâtiment accessible quelles que soient les conditions météorologiques. Ce volume est une structure en bois, habillée de pin Douglass.

Afin de capter l’éclairage naturel et stable du Nord, la façade est percée des ouvertures des bureaux qui à leur tour sont réunies dans de larges bow-windows qui redessinent la façade et en modifie l’échelle. Ces volumes tampons, véritables coussins thermiques permettent d’optimiser l’étanchéité et l’isolation thermique des fenêtres. Sur cette exposition Nord où passe la route départementale, c’est également la qualité acoustique des fenêtres qui est améliorée.

Pierre et pin Douglass, mis en œuvre sans traitement particulier, se patinent naturellement, sans entretien, protégés par quelques attentions de conception et de mise en œuvre : Protection en tête des ouvrages par des couvertines, exposition homogène des parements bois grâce à l’absence de passée de toiture, ventilation de la vêture, géométrie des assemblages évitant les rétentions d’eau…

Légende :

Les Espaces Extérieurs et les Paysages

Le patio pour diffuser la lumière naturelle et le soleil au cœur du bâtiment

Les espaces collectifs s’ouvrent sur ce jardin, véritable puits de lumière : le hall d’accueil, la salle polyvalente et la salle du personnel se partagent les vues sur ce paysage calme et serein installé dans ce carré de 150 m2. En amont du patio, des terrasses en escaliers, retenues par les gabions, tiennent les terres et ferment le jardin, puis retrouvent la pente naturelle au pied de la prairie. Elles collectent les eaux de pluie qui ruissellent parmi les herbes et l’évacue vers une citerne de stockage. Sa position haute permet d’utiliser ses réserves d’eau, par simple gravitation, pour arroser la végétation du patio.

Les terrasses végétalisées, une attention particulière pour le paysage

Parallèlement à leurs qualités constructives, les terrasses végétalisées expriment une attention pour les riverains. Ils voient ainsi des plantes et de l’herbe sauvage habiller la Maison du Trièves dans la continuité de la prairie qui descend de chez eux. De même le toit de la barrette supérieure se couvre de la même végétation et évite d’inscrire un faîtage, six mètres plus haut, en plein dans la vue sur le Bonnet de Calvin.

Les parkings épannelés sur la colline

Une plate-forme basse, installée au contact de la RD 66, pour le public et le personnel, au contact du parvis et du hall d’entrée. Une plate-forme haute, accessible par la route périphérique du lotissement, réservée, notamment, au personnel d’astreinte du service aménagement qui a son entrée particulière à ce niveau. Deux plates-formes décalées dans la pente qui répartissent les véhicules sur le site. En jouant du décaissé, le parking haut efface toute vision du parking bas au regard des maisons qui le dominent. Une rangée d’arbres au Sud du parking haut met à distance ses quelques voitures, achevant un traitement doux de la question parking, très sensible pour les riverains.

Les soutènements de pierre qui portent ces plates-formes se lient aux façades du socle du bâtiment et déroulent sur l’ensemble du site un ruban de stabilité et de force.

Un système constructif au service de la flexibilité

Des plateaux libres sans porteur et sans retombée de poutre

Le principe constructif retenu est celui de deux niveaux partiellement superposés : un bloc dur au rez de chaussée adapté à sa vocation de soutènement et à sa position au sol et sur l’espace public. Un bloc léger à l’étage, à distance des agressions naturelles ou humaines. Ces deux volumes proposent des plateaux libres, sans éléments porteurs entre façade Sud et façade Nord, les volumes des circulations verticales assurant le contreventement général de la structure au niveau supérieur. Cette absence de recoupement structurel est autorisé par la réalisation d’un plancher intermédiaire en dalles alvéolaires qui franchit sans appui les 11,20 m de portée entre les façades. Ce dispositif permet également d’éviter toute retombée de poutre dans les locaux et permet la distribution des fluides, et leur redistribution future, sans soucis de réservation et de franchissement.

Des aiguilles porteuses pour des façades modulaires

La constitution des façades est basée sur une trame de 1,35 m qui permet de proposer des espaces de 12, 15, 18, 21 et 24 m2 en réunissant de 2 à 4 trames. Les façades sont conçues sur cette base modulaire d’une aiguille porteuse tous les 1.35 m et d’éléments de façade (préfabriquables) de 1.35 m également, d’une hauteur d’étage, vitrés ou opaques, ne nécessitant pas d’ossature porteuse secondaire entre deux aiguilles. La composition des façades est ainsi totalement libre et adaptable aux partitions intérieures et aux besoins d’éclairage naturel.

La modularité des façades permet même d’envisager leurs évolutions à long terme pour suivre les progrès technologiques que ces ouvrages d’enveloppe vont proposer en relation avec l’isolation thermique, la captation et la protection des apports solaires gratuits, la ventilation…

Evolution, transformation, extension

Cette capacité d’évolution du projet, tant dans les partitions et distributions intérieures que dans la définition de l’enveloppe, s’accorde bien au souhait du maître d’ouvrage et au caractère nouveau des Maisons du Département cet établissement. Elle permet, en phase étude, de répondre facilement aux adaptations demandées par les utilisateurs. En phase chantier la même souplesse permet d’assumer les ultimes variations de programme. Au cours des vies futures du bâtiment, les évolutions profondes sont possibles, par la distinction structure – partitions – équipements techniques que permettent plateaux libres, absence de points porteurs intermédiaires et modularité des façades. La réaffectation possible du logement en surface de bureaux, par la suppression des cloisons légères (mais performantes) qui le délimitent, en constitue la première démonstration.

Les extensions envisagées par le programme du projet profitent de ces dispositions constructives et du schéma d’organisation intérieure basé sur une circulation centrale dont le principe peut s’étendre aux nouvelles surfaces créées. Celles-ci constituent à l’évidence un nouveau projet que ses concepteurs inventeront, mais deux directions simples sont repérables : fermer le volume sous le porte-à-faux Est au rez de chaussée et construire l’une ou l’autre des terrasses qui entourent le patio.

Plans & Coupes